Interview 2017 d’Alain Guilhot (au Café de l’Homme à Paris) par Steven, un des dirigeants de Racine Solaire (www.racinesolaire.com).

Alain Guilhot, l’homme qui illumine les villes

Paul Gaboury journaliste dans un journal canadien, “Le Droit”, a écrit en juillet 2015 un article sur Alain Guilhot, globe-trotter parcourant les grandes villes du monde pour “les faire briller la nuit”.

La passion d’Alain pour le design lumière (lighting designer), l’a déjà conduit dans plus d’une quarantaine de pays. Véritable architecte lumière il “réveille et révèle les beautés des villes”. Il sait récupérer affectivement la poésie de l’urbain chargé d’histoire et d’art pour redonner fierté et sécurité aux citoyens.

La philosophie d’Alain est collaborative: il favorise et catalyse le travail d’équipe avec presque toujours une composante localement enracinée. Il a l’habitude de convaincre les responsables politiques mais il poursuit patiemment aussi son travail auprès des gens auxquels ils destinent ses créations. “Je vais venir souvent au Canada, parler aux gens, aux chauffeurs de taxi, pour les écouter, pour savoir ce qu’ils disent. Je veux échanger, dialoguer”, explique-t-il.

Article paru dans “Le Droit” (Presse canadienne) le 24 juillet 2015.

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Il le dit lui même dans un grand sourire : « Je me suis marié trois fois et j’ai divorcé trois fois, parce que je suis en fait marié à la lumière. » Architecte du premier plan lumière lyonnais à la fin des années 80, ce Stéphanois devenu citoyen du monde a dessiné, il y a plus de 30 ans, les contours d’une nouvelle profession, aujourd’hui unanimement reconnue. Premier concepteur lumière de la capitale des Gaules, qu’il a imposée comme référence incontournable aux yeux du monde entier, ce passionné de voyages continue de sillonner la planète pour révéler et magnifier les beautés nocturnes des villes et des bâtiments qui l’inspirent.

Comment cette activité de mise en lumière de sites et bâtiments, qui a débouché sur la Fête des Lumières telle que nous la connaissons aujourd’hui, est-elle née dans la capitale des Gaules ?

Le premier plan lumière a été réalisé en avril 1989 à la demande de Michel Noir, qui venait d’être élu à la mairie de Lyon, et de son adjoint à l’urbanisme Henry Chabert. S’il y avait une date symbolique à retenir, ce serait donc celle là, bien que ce premier plan lumière ait été beaucoup moins ambitieux que les suivants. Ceci étant dit, le point de départ est un peu plus ancien puisque j’ai créé ma société, que j’ai baptisée Architecture Lumière, en 1977. Le tout premier bâtiment que j’ai « habillé » avec la lumière est d’ailleurs le siège de ma société. Il était installé dans l’immeuble que j’habitais, quai Saint-Vincent. J’avais imaginé cette mise en lumière à l’occasion du 8 décembre 1977. Dans les années qui ont suivi, la municipalité était tentée par la réalisation de mises en lumière pérennes, mais Francisque Collomb craignait que ces investissements soient perçus comme des dépenses inutiles par les Lyonnais. J’ai donc été obligé de trouver des solutions alternatives, en faisant financer ces investissements par des particuliers, des banques, EDF, le Comptoir Lyonnais d’Electricité, des associations de commerçants… André Soulier, alors adjoint au maire, était convaincu du bien-fondé de cette démarche et la Ville accompagnait le programme en prenant notamment en charge l’entretien des opérations.

Si l’on excepte le siège d’Architecture Lumière, quel est le premier site que vous avez mis en lumière à Lyon ?

Il s’agit de la rue Emile-Zola. Georges Cellerier, qui était président de l’association des commerçants, et Vital Pignol, son vice-président, ont été les premiers à comprendre tout le bénéfice que l’on pouvait tirer d’une telle opération. Ensuite, une fois le premier plan lumière engagé, les choses sont allées très vite. Brusquement il y a eu une sorte de déclic. Imaginez vous que le 8 décembre 1989, il y avait environ 3 000 Lyonnais pour admirer le travail qui avait été réalisé cours Vitton, place Kléber et place Maréchal-Lyautey ; et aujourd’hui, la Fête des Lumières draine entre 3 et 4 millions de visiteurs venus du monde entier. Plus de 350 mises en lumière pérennes ont été réalisées à Lyon depuis, et j’ai signé plus de 240 de ces opérations…

Article paru dans le “Tout Lyon” le 8 décembre 2016.

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C’est à grâce à LOUSS, un créateur de lumières Led installé à Gevrey-Chambertin, que la façade Cloche a pu se refaire une beauté qui la rajeunit, à la nuit tombée. Miracle des temps modernes…

Une rencontre lumineuse. Qualificatif un peu faiblard pour présenter cet architecte des lumières, ce magicien échappé de la grisaille ambiante, une fin d’après-midi de novembre, pour nous faire voir la ville et la vie en couleurs. Au lendemain du week-end le plus noir qu’ait connu la France depuis janvier, des milliers d’automobilistes, de piétons, d’usagers du tram se sont arrêtés place Darcy pour découvrir une façade éclairée aux couleurs d’un drapeau devenu plus que jamais un symbole. Symbole intergénérationnel fort et réconfort certain pour des êtres venant de tous les horizons, sur cette place née pour accueillir les voyageurs descendant du train, les plus riches pouvant seuls s’offrir alors une nuit dans le mythique Hôtel de la Cloche.

Un mythe quelque peu mangé aux mites, au fil du temps, mais qui s’est offert en 2015 un lifting complet, avec une rénovation dont nous reparlerons à la fin de l’hiver. Alain Guilhot est venu à Dijon alors qu’il avait le cœur gros, puisqu’il venait d’apprendre que Lyon, sa ville natale ou presque (il est Stéphanois), venait de supprimer cette Fête des Lumières qu’il a contribué à créer, il y a plus de quinze ans, et pour laquelle chaque année ses fils et lui se battent afin de donner des spectacles de plus en plus innovants ou surprenants, devant des millions de visiteurs.
Alain, on l’a connu en fait à Lyon, lorsqu’il avait métamorphosé sa ville, au point que, vampires d’un nouveau siècle, on attendait la nuit pour sortir, se faufiler sur les ponts, grimper à Fourvière pour découvrir les toits, le fleuve, l’architecture, les détails d’une ville qui nous auraient échappé sinon.

La venue à Dijon du père fondateur du concept et du patronyme Architecte Lumière serait peut-être passée inaperçue (encore que ce diable d’homme passe difficilement inaperçu, surtout quand une blonde mignonne croise son chemin) si les circonstances n’avaient transformé une commande passée par la famille Jacquier en œuvre d’actualité. Une œuvre d’art comprise par tous, immédiatement, sans qu’il soit besoin au magicien de la lumière d’expliquer les tours de passe-passe qui ont permis à son complice, Daniel Gloton, l’homme de l’ombre (tout est relatif) de mener à bien le chantier…

Article paru dans Bing Bang Mag en 2015

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